Virage - Volume 2

Volume 2 Numéro 1 - Automne 1996

Une solitude qui vous veut du bien

Isabelle Filliozat

Source: Revue Psychologies.

On souffre parfois le martyre. Mais apprendre à s’aimer soi-même pour aimer les autres, c’est une étape qui ne peut se franchir qu’en solitaire.

Quand on rentre le soir et que personne ne vous attend, quand on se retrouve seul devant son téléviseur, l’angoisse surgit, les doutes affluent. «Qu’est-ce que j’ai de spécial, de différent, de moins bien que les autres ? Pourquoi ne puis-je pas aimer et être aimé (e) ?» On n’a jamais tant parlé de communication qu’aujourd’hui, et on n’en a jamais autant manqué. Manqué ? À dire vrai, radio, télé, publicité, poste et téléphone, on n’en a jamais tant abusé ! On dit que les gens ne se parlent plus. Mais se sont-ils un jour parlés ? Croyez-vous vraiment que vos parents, vos grands-parents se parlaient ?

Communiquer, c’est s’exprimer, affirmer ses désirs, ses besoins et écouter l’autre dans les siens. C’est possible entre deux êtres qui n’ont pas peur l’un de l’autre, qui n’ont donc pas besoin de jouer des rôles ou de s’enliser dans des jeux de pouvoir, de se dissimuler ou de fuir. Deux individus qui savent être eux-mêmes, libres l’un face à l’autre.

Apprendre à s’aimer soi est un passage obligé pour aimer l’autre pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il vous apporte. C’est une étape qui se franchit en solitaire. Il faut se détacher de l’autre pour se trouver soi, se détacher du désir de l’autre pour laisser émerger le sien propre. Oser la solitude, oser la traversée du désert, pour apprendre à étancher sa soif en ne puisant qu’en soi.

Que l’on vive seul ou à deux, la route pour devenir vraiment soi-même est à parcourir seul, à l’intérieur de soi, pour y trouver ce que l’on cherchait chez l’autre. Aucun autre, si amoureux, si aimant soit-il, ne pourra jamais combler les manques du passé. Il nous incombe de guérir nos blessures, guérir l’enfant à l’intérieur de nous.

Solitude est souvent synonyme de désespoir. Elle est perte de cet espoir, qui signifie projection dans le futur. La solitude oblige à vivre dans le présent. Et pourtant, elle est aussi l’espace qui laisse remonter son histoire, ses émotions, pour aller à la recherche de soi et répondre à «Qui suis-je et qu’est-ce que je veux de ma vie ?»

La solitude fait peur parce qu’elle confronte. Personne sur qui s’appuyer pour occuper le temps, prendre les décisions. Nous sommes inquiets à l’idée de ne pas savoir faire face. Dans le silence, ce que nous, simples mortels, découvrons en premier lieu, ce sont nos «démons». Ces démons sont nos angoisses, nos peurs, nos colères refoulées, tout ce que nous dissimulions dans les ténèbres de notre inconscient. Nous n’aimons pas beaucoup les regarder en face. Si nous ne faisons ce retour, cette plongée dans nos profondeurs, notre face réprimée, se manifestera dans notre vie, provoquant souffrances, échecs et répétitions.

Une époque solitaire - si difficile à vivre soit-elle parfois - est une étape de construction importante. Elle ne veut que nous apprendre à aimer, à rester un être entier auprès de l’autre. C’est en soi qu’est la solitude. Elle peut se vivre seul ou à deux. Il n’est pas nécessaire de se séparer pour trouver son autonomie. Il s’agit de prendre de temps à autre un peu de distance, de se garder des moments seuls, de conserver des activités indépendantes, d’être attentifs à ne pas chercher à combler tous les instants de manque par la présence de l’autre. Et... de ne pas faire reposer sur lui toutes les décisions de la vie quotidienne. Chacun passe par cette étape d’indépendance marquée par le besoin d’être seul, libre, d’explorer, de tester ses capacités propres, de choisir par soi-même.

Avec la liberté vient souvent la souffrance. L’apprentissage de la responsabilité est un long chemin. Ne laissez pas les autres décider pour vous. On court plus de risques à abdiquer sa liberté qu’à se tromper de temps en temps. Il est important de faire des expériences, de faire des erreurs, des bêtises même, pour acquérir des certitudes intérieures, pour construire la confiance en soi.

Les moments de solitude dans une vie sont des occasions de croissance personnelle, des occasions pour établir ou maintenir un meilleur contact avec soi-même et donc créer les meilleures conditions de l’amour. C’est le refus de la solitude bien plus que la solitude elle-même qui fait souffrir! En l’acceptant, en la choisissant, on l’apprivoise, on grandit avec elle. Elle vous apprend à vous aimer, à aimer. Aimez-la!

 

L’indispensable bulle d’intimité

Micheline Lortie

Source: Coup de Pouce, mars 1996.

Nous avons besoin de toucher, mais il nous faut aussi préserver notre intimité en créant un espace vital. Si plusieurs espèces animales, qu’on dit «à contact», peuvent se passer de territoire propre (les pingouins, par exemple), chez l’humain, la tendance à s’approprier un espace se développe très vite. Selon les psychologues Verguez et Oury, dès l’âge de trois ans, «à côté du monde réel, l’enfant se crée un monde à lui, peuplé de ses jouets et fantasmes». L’humain passe ainsi du carré de sable à la chambre d’ado, puis à l’auto et au... condo! Nous nous identifions si bien à notre bulle que nous disons, par exemple, «J’ai été cambriolé(e)» plutôt que «Ma maison a été cambriolée».

Pour préserver notre intimité, il existe quatre niveaux de distance qu’on apprend à respecter et à ne pas mélanger quand on vit en société.

La distance intime

est celle du contact physique, de l’acte sexuel, mais aussi de la lutte ou du harcèlement sexuel. Cette distance suppose un engagement, une acceptation; c’est pourquoi, si elle n’est pas respectée, elle peut drôlement déranger.

La distance personnelle

correspond à la longueur des bras. Elle permet les poignées de mains, mais ne les impose pas. Ce type de distance s’établit dans les rapports amicaux et familiaux. Dans un métro bondé, la distance personnelle se trouve rétrécie, coincée, et le contact serré avec des inconnus peut causer gêne, recul ou exaspération.

La distance sociale

se crée dans les milieux professionnels. Elle ressemble à une bulle élastique : au gré des circonstances, elle nous permet d’établir des contacts plus ou moins intimes avec les personnes que nous côtoyons.

La distance publique

commande une certaine réserve, celle des relations officiels. Elle correspond à la distance entre le public et les comédiens ou les politiciens. Pour convaincre, ces derniers doivent accentuer leurs gestes, mais sans verser dans la caricature. Beau paradoxe moderne : la télévision confère un cachet intime à des communications publiques impliquant des millions de personnes.

 

Thérapeute et thérapie

Source: Brochure «Le psychologue et vous» distribuée gratuitement par la Corporation professionnelle des psychologues du Québec

 

Psychologue?

Psychiatre?

Psychothérapeute?

Quelle est la différence?

Qui peut m’aider?

 

Voici un questionnement que bon nombre de personnes se posent lorsque vient le temps de consulter un spécialiste de l’âme. Nous publions ici le contenu d’une entrevue réalisée par Denise Martel de l’ACSM - Saguenay avec Madame Francine Girardin, travailleuse sociale et psychothérapeute en bureau privé. L’entrevue lève le voile plus précisément sur le psycho-thérapeute et son approche. En deuxième partie, 5 types de thérapies sont décrites.

Qu’est-ce qu’un psychothérapeute ?

Le psychothérapeute est un professionnel qui peut provenir de différentes spécialités telles que la psychiatrie, la psychologie, le travail social ou autre. Son travail consiste à aider une personne en souffrance, à comprendre et à résoudre ses difficultés personnelles, relationnelles ou comportementales afin d’améliorer sa qualité de vie. Pour y arriver, il pourra utiliser une approche individuelle, de couple ou encore de groupe qui exige de lui différents types d’acquis. Comme l’apprentissage formel de «la relation d’aide» ne s’apprend pas dans les livres, l’intervenant aura à suivre une formation supplémentaire donnée par un superviseur expérimenté qui va justement lui apprendre à aider son client, non pas seulement au plan théorique mais aussi d’un point de vue clinique.

Qui peut avoir besoin des services d’un psycho-thérapeute ?

N’importe qui peut demander une aide extérieure pour comprendre et faire face aux difficultés de sa vie. La personne qui me consulte fonctionne habituellement bien dans le quotidien mais ressent constamment une souffrance qui l’empêche de profiter pleinement de sa vie. Elle a essayé auparavant de se débrouiller seule ou avec l’aide de ses proches mais sans parvenir à régler son problème de façon satisfaisante. Celle-ci a donc besoin d’aide extérieure pour comprendre plus rapidement ce qui se passe en elle. L’accompagnement et la compréhension du thérapeute va lui permettre de débloquer ses émotions afin de mieux vivre le moment présent.

Comment choisit-on son thérapeute ?

C’est important pour une personne souffrante de bien choisir son thérapeute. Celui-ci devra être quelqu’un avec qui elle se sentira suffisamment à l’aise pour dévoiler son intimité et partager sa souffrance.

Il existe différentes façons de trouver un bon thérapeute : en consultant le CLSC, l’IRS, le CPEJ, son médecin de famille, les pages jaunes ou en recourant au bouche à oreille, c’est-à-dire en s’informant auprès de ses proches. Par la suite, les premiers contacts l’aideront à prendre une décision définitive à savoir si elle désire la collaboration de ce thérapeute ou si elle préfère continuer sa recherche.

Que se passe-t-il lors de la première rencontre ?

Un individu qui se présente pour demander de l’aide appréhende bien souvent cette rencontre. Il craint d’essuyer un refus, d’être jugé ou encore d’être humilié. Le premier contact est donc très déterminant pour lui afin d’évaluer si le thérapeute et son approche lui conviennent. Pour le thérapeute, ce sera l’occasion de reconnaître la souffrance du client, d’être empathique et d’aborder le nouveau venu sur son propre terrain et à son niveau personnel. Il lui faudra donc se positionner afin de percevoir la personne comme entière et unique et la traiter avec la douceur et le respect auxquels celle-ci a droit. Il en profitera pour laisser la personne verbaliser, sans trop d’anxiété, sa perception de ses difficultés et n’essaiera pas de faire ressortir tout de suite un problème plus profond, s’il en existe un.

Une fois la communication bien établie, le client sera prêt à accepter le cadre de travail et à amorcer la solution de son problème.

Que se passe-il lors des thérapies ?

Il est très difficile de résumer en quelques mots tout ce qui se passe pendant plusieurs mois de thérapie. Mais il ne faut pas oublier que, contrairement à la relation naturelle où chacun prend soin de l’autre, la relation d’aide est très différente : elle n’existe qu’en fonction des besoins du client. Le thérapeute s’engage dans une telle relation, non pas pour répondre à ses propres besoins, mais afin d’aider son client à apprendre à satisfaire les siens.

Le client parle donc de lui : de son présent, de son passé et de toutes les émotions qui en découlent. De son côté l’intervenant cherche à décoder et à comprendre les raisons de ces émotions et à mettre sa compréhension en mots : ceci afin de permettre à son client d’entrevoir différentes avenues qu’il pourra explorer afin de régler son problème.

Pourquoi suivre une thérapie ?

La personne qui suit une thérapie a besoin de changer, de grandir personnellement : la thérapie représente un outil plus rapide pour arriver à ses fins. La thérapie se termine donc lorsque la personne se sent capable d’affronter seule les difficultés auxquelles elle aura à faire face dans sa vie future. Ceci, en sachant qu’elle pourra toujours se tourner vers son thérapeute pour recevoir de l’aide face à une situation qui dépasse ses forces.

Voici différents types de thérapie:

Orientation psychodynamique / analytique

C’est une approche fortement influencée par la psychanalyse et qui fait appel à la notion d’inconscient. Elle établit un lien entre les difficultés actuelles et les expériences, les conflits refoulés et non résolus de l’histoire personnelle du client.

Orientation existentielle / humaniste

Cette approche est fondée sur la capacité de l’être humain à diriger son existence et à se réaliser pleinement. L’accent est mis sur le moment présent, sur la capacité de la personne à prendre conscience des ses difficultés actuelles, de les comprendre et de modifier en conséquence sa façon d’être ou d’agir. L’approche rogérienne, la gesthalt thérapie, l’auto-développement en sont des exemples.

Orientation behaviorale / cognitive

Les spécialistes de ces approches considèrent que les difficultés psychologiques sont liées à des pensées ou à des comportements inadéquats qui ont été appris par une personne dans son environnement quotidien. La thérapie visera donc à analyser ces comportements pour les remplacer par d’autres qui sont davantage adaptés. Les thérapies behaviorale et émotivo-rationnelle sont associées à cette orientation.

Orientation systémique / interactionnelle

Dans cette approche, on considère que les problèmes personnels surgissent et se maintiennent à cause du genre d’interaction entre une personne et son entourage (famille, amis, équipe de travail, etc.). L’objectif sera donc d’intervenir afin d’apporter des modifications à ces relations.

Analyse bio-énergétique

La bio-énergie est une approche psychothérapeutique caractérisée par le lien constant entre ce qui se passe aux niveaux verbal et non-verbal. Elle fait référence à ce que dit le client, à l’expression de ses émotions, à ce que «dit» son corps, le tout en relation avec son histoire passée et actuelle.

 

Quel genre de père êtes-vous?

Nicky Maron

Source : Sélection du Reader’s Digest, juin 1988.

 

Aimer votre fille ne suffit pas. Encore faut-il que votre comportement à son égard l’aide à devenir indépendante et sûre d’elle-même.

Les enquêtes menées sur les femmes qui ont réussi révèlent que le rôle du père est essentiel dans l’épanouissement de sa fille. En étant le premier homme de sa vie qui l’encourage et stimule son développement, vous lui donnerez un atout précieux qui lui servira toute son existence: le respect de soi et la confiance indispensables à toute réussite professionnelle et personnelle.

Il n’existe pas de modèle idéal de comportement paternel. Ce qui existe, ce sont des circonstances où il faut se montrer indulgent, et d’autres où la fermeté est de mise. Malheureusement, beaucoup de pères se laissent enfermer dans un moule unique.

Nous ne compterons pas de points à la fin de ce test : l’amour paternel ne se mesure pas.

Les questions suivantes vous amèneront peut-être à reconsidérer certains de vos actes et de vos attitudes. Elles visent à vous faire prendre conscience du type de père que vous êtes et à vous rappeler la règle no 1 qui s’applique à tous les parents : ce que vous faites a beaucoup plus d’influence que ce que vous dites.

Chaque série de questions vous aidera à identifier votre comportement et le message qu’il transmet.

Sur la féminité

1. Excusez-vous ses manifestations excessives d’émotivité en disant ou en pensant :«Les filles sont comme ça. Elles sont plus émotives.» (Si votre fils avait un comportement semblable, seriez-vous aussi indulgent à son endroit ?)

2. Quand votre fille a une mauvaise note en mathématiques, dites-vous (ou pensez-vous) que «c’est normal, les filles ne sont pas douées pour les maths.»

3. Avez-vous du mal à punir votre fille, si elle se met à pleurer ?

4. Quand une femme en salopette répare l’évier de la cuisine, trouvez-vous qu’elle manque de féminité ?

Si vous avez répondu «oui» à ces questions, vous acceptez, dans une certaine mesure, que le stéréotype féminin traditionnel soit le modèle à suivre pour votre fille. Si celle-ci en vient à croire que les exigences de la «féminité» déterminent sa valeur comme être humain, elle risque de ne jamais avoir d’assurance, de ne jamais cultiver ses dons, de ne jamais réaliser ses rêves.

Sur le goût du risque

1. Incitez-vous votre fille à explorer son environnement, à vivre de nouvelles expériences et à mettre sa résistance physique à l’épreuve ?

2. Êtes-vous un «père poule», veillant constamment à son confort et à sa sécurité ? Volez-vous à son secours chaque fois qu’elle vous semble désemparée ?

3. Acceptez-vous qu’elle refuse de relever un défi, sous prétexte qu’elle a peur ou qu’elle n’en a pas envie ?

4. Lui avez-vous appris à se défendre ou l’avez-vous encouragée à s’inscrire à un cours d’autodéfense ?

Nos craintes - tout à fait fondées - pour la sécurité de nos filles nous poussent à leur enseigner la prudence et la méfiance. Avec pour résultat que, souvent, elles cherchent des hommes qui les protégeront et prendront les risques pour elles. Bien sûr, il y a des moments où une petite fille - ou un petit garçon - est en danger et a besoin de l’assistance d’un adulte. Mais une attitude surprotectrice ne peut engendrer que la peur et la dépendance.

Sur la supériorité masculine

1. Prenez-vous la plupart des décisions dans votre ménage ?

2. Votre femme se plaint-elle souvent que vous lui coupiez la parole ?

3. Êtes-vous contrarié que votre femme suive un cours ou s’intéresse à une cause, si cela la rend moins disponible ?

4. L’exploitation sexuelle de la femme par la publicité vous apparaît-elle comme un moyen inoffensif de faire vendre des produits ?

Si vous avez répondu «oui» à ces questions, vous devriez peut-être examiner le message que vous envoyez à votre fille : au fond, quoi que vous puissiez dire de ses compétences à elle, vous ne pensez pas que les femmes soient aussi compétentes que les hommes, ou que leurs occupations soient aussi importantes.

Le temps partagé

1. Passez-vous du temps seul avec votre fille ?

2. Vous arrive-t-il de l’emmener pêcher ou camper avec vous ?

3. Lui avez-vous jamais fait visiter votre lieu de travail ? Discutez-vous parfois de questions professionnelles ou économiques avec elle ?

4. Parlez-vous d’argent et de planification financière avec elle ?

5. L’emmenez-vous parfois faire avec vous des «courses d’homme», au garage, à la quincaillerie ?

6. Lui apprenez-vous à faire des réparations ?

7. L’invitez-vous, de temps en temps, à vous accompagner à des matches de hockey, de base-ball ? Allez-vous l’encourager quand elle participe à une compétition ?

Une des choses les plus intéressantes que j’aie apprises est que beaucoup de pères voudraient bien passer du temps seul avec leur fille, mais ne savent pas quoi faire. L’un d’eux m’a même dit : «Je croyais que la seule chose que je pouvais faire avec elle était de l’inviter à dîner ou à faire la tournée des magasins.»

Un père et sa fille peuvent être aussi bons copains qu’un père et son fils. Une règle très simple s’applique ici : tout ce que vous pouvez faire avec un fils, vous pouvez généralement le faire avec une fille.

Emmenez donc votre fille avec vous dans vos expéditions de pêches, à un match de football ou au garage pour faire réparer votre voiture ! N’importe où ! Dans la plupart des cas, elle sera si contente de vous avoir pour elle toute seule qu’elle se souciera peu de ce que vous faites ensemble. Et s’il y a une activité en particulier qui semble l’ennuyer, essayez-en une autre.

Cela pourrait être le début d’un remodelage complet de votre rôle de père - un rôle qui vous apportera infiniment plus de joies et de satisfaction que vous ne l’imaginiez.

 

La maladie d’Alzheimer

Source: Brochure «La maladie d’Alzheimer» produite par la Société Alzheimer du Canada.

 

Bien que l’Alzheimer ne soit pas considérée à proprement parler comme une maladie mentale parce que ses origines sont principalement organiques, cette maladie cause beaucoup d’inquiétude chez les aînés et leurs familles. Nous publions donc ici le contenu d’une brochure publiée par la Société d’Alzheimer du Canada.

On associe souvent la maladie d’Alzheimer à la vieillesse. Bien que la majorité des Canadiens qui en sont atteints soient âgés de plus de 65 ans, cette maladie peut intervenir plus tôt dans la vie. Peu importe l’âge à laquelle elle frappe, elle est toujours progressive et dégénérative, ce qui signifie qu’elle enlève toute autonomie à des hommes et à des femmes autrefois indépendants.

Les soignants, généralement des proches, doivent faire face à de longues périodes de tensions émotives, financières et physiques. La santé et le bien-être des membres de la famille dispensateurs de soins sont essentiels et deviennent aussi importants que ceux du patient.

Bien qu’on n’ait pas encore trouvé de remède a ce mal nos connaissances à son sujet s’accroissent au fur et à mesure que progresse la recherche, tant biomédicale que sur les soins à donner, et qu’apparaissent de nouvelles données.

Les symptômes

Les premiers signes de la maladie d’Alzheimer sont souvent de subtils changements du comportement. Le sujet peut éprouver des pertes de la mémoire à court terme. Il trouve très stressant de s’adapter à de nouveaux endroits ou à de nouvelles situations sociales. Il lui devient difficile d’apprendre, de calculer, de décider ou de s’occuper de ses finances. Il a de plus en plus de mal à maîtriser ses émotions. La présence de ces symptômes ne signifie pas forcément qu’il s’agit de la maladie d’Alzheimer. Ces symptômes peuvent résulter d’affections curables, telles que la dépression, la malnutrition, la déshydratation, une maladie cardiaque ou pulmonaire, pour n’en nommer que quelques-unes.

C’est pourquoi il est essentiel d’établir un bilan de santé complet. Un diagnostic de la maladie d’Alzheimer s’établit par un processus d’élimination. À l’heure actuelle, la seule méthode infaillible de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer est l’examen posthume des cellules du cerveau.

Effets

La maladie d’Alzheimer touche éventuellement à tous les aspects de la vie d’un individu: sa façon de penser, de sentir et d’agir. Les symptômes varient selon les personnes. Il est difficile de prévoir les symptômes que présentera un individu, l’ordre dans lequel ils apparaîtront ainsi que leur vitesse de progression. Les patients peuvent présenter entre autres les symptômes suivants :

Facultés mentales

La faculté de comprendre, de penser, de se rappeler et de communiquer est atteinte. La personne commence à éprouver du mal à apprendre et à décider. De simples tâches accomplies pendant des années seront oubliées. La confusion et les pertes de mémoire augmentent, bien que l’on puisse conserver encore longtemps la mémoire d’événements anciens. On a de plus en plus de mal à comprendre ce que les gens disent et à se faire comprendre. Éventuellement, tous ces problèmes s’aggravent et l’on perdra aussi la mémoire à long terme. Malgré ces pertes, on conservera la faculté d’entendre, de répondre aux émotions et le sens du toucher.

Émotions et humeur

L’individu atteint de la maladie d’Alzheimer est moins expressif, moins animé et plus renfermé. Il perd peu à peu sa faculté de maîtriser ses humeurs et ses émotions, et ses réactions aux situations peuvent être extrêmes ou inconvenantes. Souvent le sujet se met à soupçonner son entourage et, au fur et à mesure que le mal progresse, il réagit de moins en moins aux gens et à ce qui l’entoure.

Comportement

Les altérations des facultés mentales et de l’humeur entraîneront des changements du comportement. La nature des changements du comportement et leur durée varieront selon les facultés physiques de l’individu. Des comportements déroutants peuvent consister, entre autres à marcher de long en large et à errer, à accomplir des actions répétitives, à cacher des objets, à chercher sans cesse, à poser des gestes violents, à jurer, à s’agiter et à faire des avances sexuelles déplacées. Chacun de ces comportements peut entraîner chez les soignants un stress accru.

Facultés physiques

Le processus de dégénérescence affecte la coordination et la faculté de se déplacer. Il en résulte un affaiblissement de la faculté d’accomplir de façon autonome les activités de la vie quotidienne. La personne souffre éventuellement d’incontinence. Peu à peu, elle devient totalement dépendante.

Théories sur les causes

Personne ne sait au juste ce qui provoque la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs, jusqu’à ce jour, ont été incapables d’en déterminer les causes. La recherche indique que la maladie pourrait provenir d’un virus lent, d’une réaction auto-immune ou d’un déséquilibre biochimique dans le cerveau.

D’autres chercheurs étudient une théorie «amyloïde» voulant que la maladie d’Alzheimer résulte d’un dépôt dans le tissu cérébral d’une protéine anormalement constituée. On a relevé de fortes concentrations d’aluminium dans les cellules du cerveau, mais on ne peut prouver que l’aluminium cause la maladie d’Alzheimer.

On a pu établir un lien génétique, dans la mesure où une forme rare de la maladie d’Alzheimer, dite «familiale», semble être héréditaire. Dans la plupart des cas, cependant, des facteurs héréditaires peuvent intervenir, mais on ignore dans quelle mesure. On effectue des recherches de plus en plus poussées sur plusieurs fronts. Certains scientifiques estiment que cette maladie résulte de causes multiples.

Traitement

Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune thérapie qui puisse inverser ou ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer. Certains médicaments peuvent atténuer les symptômes secondaires, tels que la dépression, l’anxiété, l’insomnie et la paranoïa, bien qu’il faille soigneusement contrôler pareille thérapie.

Il est prouvé que le milieu physique et social où vit une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut influer sur les symptômes, de même que la qualité de vie du patient. Un cadre de vie favorable, qu’il s’agisse du foyer ou d’un établissement, permet de compenser le déclin des facultés et de préserver l’autonomie. Les dispensateurs de soins, de leur côté, peuvent rendre les comportements moins pénibles en comprenant l’évolution de la maladie, en se montrant sensibles aux émotions et aux sentiments, et en apprenant à communiquer par divers moyens.

L’importance des soignants

Les soins à dispenser peuvent constituer un lourd fardeau pour les membres de la famille. C’est pourquoi il devient tout aussi important de s’occuper des dispensateurs de soins que du patient. La colère, le ressentiment, la nervosité, la tension, les problèmes d’insomnie, l’inquiétude et le remords sont des réactions normales chez ceux qui ont à soigner des victimes de la maladie d’Alzheimer. Il n’y a pas lieu de s’étonner que les soignants soient plus sujets aux maladies que les non-soignants. Vivre avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer constitue un défi, mais nombre de Canadien(ne)s se sont montrés capables de le relever. Ils ont cependant besoin d’information, de soutien et de services, à la maison ou en institution, qui fournissent une aide à court et à long terme.

La Société Alzheimer, par l’intermédiaire de ses sections provinciales et locales, aide les pourvoyeurs de soins à faire face aux ravages de cette maladie en leur dispensant information et appui, en fournissant les services nécessaires et en stimulant et finançant la recherche.

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